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Transparence salariale 2026 : où en est la loi en France, et ce qui va changer

Directive 2023/970 non transposée au 7 juin 2026 : état du projet de loi au Sénat, fourchette de salaire, droit à l'information, seuil de 5 %, dates prévues.

Clément Lacaille

Fondateur de Tech-Bharat et de JANCLODE, organisme de formation éditeur de Formations Obligatoires

Publié le · 5 min de lecture

Une professionnelle prend des notes le soir devant son ordinateur

Au 24 octobre 2026, la loi sur la transparence salariale n'est pas encore en vigueur en France. La directive européenne (UE) 2023/970 devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026 ; le gouvernement a déposé le projet de loi de transposition au Sénat le 10 septembre 2026, en procédure accélérée, et le texte était en première lecture selon le dossier législatif. Le droit applicable aux employeurs privés reste donc l'égalité de rémunération du code du travail et l'index de l'égalité professionnelle. Voici ce que prévoit le projet, et quand il pourrait s'appliquer.

Le calendrier vérifié

Date Étape
10 mai 2023 Adoption de la directive (UE) 2023/970
5 juin 2026 Le Conseil d'État est saisi du projet, « deux jours avant l'échéance de transposition »
7 juin 2026 Fin du délai de transposition
23 juillet 2026 Avis du Conseil d'État
10 septembre 2026 Dépôt au Sénat du projet de loi n° 944, procédure accélérée

Le Conseil d'État observe que les modalités d'entrée en vigueur prévues rendent « improbable » le respect de l'échéance européenne du 7 juin 2027 pour la première déclaration des employeurs d'au moins 150 salariés.

Ce qui s'applique aujourd'hui

  • L'égalité de rémunération pour un même travail ou un travail de valeur égale, dans toutes les entreprises (code du travail, art. L3221-2).
  • L'index de l'égalité professionnelle, publié chaque année au plus tard le 1er mars dans les entreprises d'au moins 50 salariés (art. L1142-8 et D1142-4).
  • L'accord ou le plan d'action égalité, sous peine d'une pénalité pouvant atteindre 1 % des rémunérations (art. L2242-8).

Ce que prévoit le projet de loi

Pour les candidats

  • Une fourchette de rémunération initiale et les dispositions conventionnelles pertinentes, dans l'offre d'emploi ou, à défaut, par écrit avant ou pendant l'entretien (futur L1221-9-1).
  • L'interdiction de publier une offre sans fourchette (futur L5332-2-1).
  • L'interdiction de demander la rémunération actuelle ou passée du candidat (L1221-6 complété).

Pour les salariés

  • Un droit à l'information sur son niveau de rémunération et sur les niveaux moyens, par sexe, de sa catégorie, avec une réponse dans un délai qui ne pourra dépasser deux mois ; l'employeur informe chaque année les salariés de ce droit (futur L1142-7).
  • L'interdiction des clauses de confidentialité salariale dans le contrat de travail (futur L1221-5-2).
  • La mise à disposition des critères de rémunération et de progression (L3221-6 complété).

Pour les entreprises d'au moins 50 salariés

  • Sept indicateurs à la place de l'index, dont un écart de rémunération par catégorie de travail de valeur égale, déclaré tous les trois ans de 50 à 249 salariés et chaque année à partir de 250.
  • À partir de 100 salariés, si l'écart dans une catégorie dépasse un seuil fixé par décret (5 % selon l'exposé des motifs, comme dans la directive) : justifier par des critères objectifs non fondés sur le sexe, ou corriger, puis déclarer à nouveau au plus tard six mois après ; à défaut, évaluation conjointe des rémunérations.
  • Des pénalités jusqu'à 1 % des rémunérations (2 % en récidive) et de 450 euros par manquement ponctuel ; une charge de la preuve renversée en cas de manquement aux obligations de transparence.

Quand cela s'appliquerait-il ?

L'article 21 du projet prévoit une entrée en vigueur à une date fixée par décret, au plus tard un an après la promulgation de la loi. L'indicateur par catégorie serait déclaré au plus tard trois ans après la promulgation pour les entreprises de 100 à 149 salariés et six ans après pour celles de 50 à 99 salariés. Tant que la loi n'est pas votée et promulguée, ces délais ne courent pas ; le texte peut encore être modifié par le Parlement.

Ce qu'il est utile de faire dès maintenant

  1. Classer les emplois par valeur : comparer les connaissances, l'expérience, les responsabilités et la charge exigées (critères de l'article L3221-4, que le projet complète par les compétences techniques et non techniques et les conditions de travail).
  2. Mesurer les écarts par catégorie, en séparant salaire de base et éléments variables.
  3. Écrire les critères de fixation et de progression des salaires, appliqués de la même façon à tous (L3221-6).
  4. Préparer les recruteurs : fourchettes par emploi, plus de question sur le salaire passé.
  5. Former les managers à répondre à une question sur la rémunération sans révéler celle d'un collègue.

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Questions fréquentes

Faut-il afficher le salaire dans les offres d'emploi depuis juin 2026 ?

Non, pas encore. L'obligation de fourchette figure dans le projet de loi n° 944, qui n'est pas adopté au 24 octobre 2026. La directive l'impose, et la loi française devra la reprendre.

L'index de l'égalité est-il supprimé ?

Pas encore. Le projet prévoit de le remplacer par de nouveaux indicateurs ; tant que la loi n'est pas en vigueur, l'index reste dû chaque année au plus tard le 1er mars.

Les entreprises de moins de 50 salariés sont-elles concernées ?

Le principe d'égalité de rémunération s'applique déjà à toutes. Dans le projet, le droit à l'information et les règles de recrutement visent tous les employeurs, tandis que les indicateurs concernent les entreprises d'au moins 50 salariés.

Sources officielles consultées

Liens ouverts et vérifiés à la date de mise à jour. Service indépendant, sans affiliation avec ces organismes.

Ce guide est une information générale, pas un avis juridique. Vérifiez votre situation auprès de l'autorité compétente ou d'un conseil.

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