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RH, recrutement et VAE · Responsable RH / DRH

Entretien professionnel obligatoire : le nouvel entretien de parcours et sa trame

Entretien professionnel obligatoire : la 1re année puis tous les 4 ans, bilan à 8 ans, règles de transition, trame en 5 thèmes et compte rendu à remettre.

Clément Lacaille

Fondateur de Tech-Bharat et de JANCLODE, organisme de formation éditeur de Formations Obligatoires

Publié le · 8 min de lecture

Une professionnelle prend des notes le soir devant son ordinateur

Oui, l'entretien professionnel est obligatoire dans toutes les entreprises, quel que soit leur effectif : depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, il s'appelle entretien de parcours professionnel et a lieu au cours de la première année suivant l'embauche, puis tous les quatre ans, avec un état des lieux récapitulatif tous les huit ans (article L6315-1 du code du travail). Ce guide détaille ce qui a changé, comment passer de l'ancien rythme au nouveau, et donne une trame pour conduire l'entretien et le tracer.

Ce qui a changé avec la loi du 24 octobre 2025

Avant la loi Depuis la loi
Nom Entretien professionnel Entretien de parcours professionnel
Premier entretien Pas de rendez-vous imposé la première année Au cours de la première année suivant l'embauche, salarié informé à l'embauche
Rythme Tous les deux ans Tous les quatre ans
Bilan Tous les six ans État des lieux récapitulatif tous les huit ans (le premier possible sept ans après l'entretien de la première année)
Accord collectif Pouvait prévoir un autre rythme Rythme différent possible, sans dépasser quatre ans
Salariés seniors — Entretien dans les deux mois de la visite médicale de mi-carrière ; fin de carrière abordée dans les deux années précédant 60 ans

Ce qui ne change pas : l'entretien ne porte pas sur l'évaluation du travail, il est organisé par l'employeur, se déroule pendant le temps de travail et donne lieu à un document dont une copie est remise au salarié. Le texte précise désormais qu'il est réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction.

L'entretien reste aussi dû au retour de certaines absences (maternité, adoption, congé parental d'éducation, proche aidant, congé sabbatique, mobilité volontaire sécurisée, arrêt longue maladie, fin de mandat syndical…), si le salarié n'en a eu aucun dans les douze mois précédant sa reprise.

Passer de l'ancien rythme au nouveau

La foire aux questions du ministère du Travail, mise à jour le 13 février 2026, donne la marche à suivre :

  • le contenu nouveau s'applique depuis le 26 octobre 2025, lendemain de la publication de la loi : l'entretien de la première année, celui qui suit la visite de mi-carrière et celui des deux années précédant 60 ans sont dus depuis cette date ;
  • les délais en cours sont allongés : le passage de deux à quatre ans se calcule à partir du dernier entretien réalisé, et le bilan prévu à six ans a lieu au bout de huit ans. Exemple du ministère : un premier entretien de décembre 2023 peut être suivi d'un entretien en décembre 2027 ;
  • les accords collectifs qui fixaient la périodicité : depuis le 1er octobre 2026, une clause prévoyant plus de quatre ans est regardée comme caduque (le rythme légal s'applique), une clause plus courte, par exemple deux ans, continue de s'appliquer.

Attention : le ministère vise les délais non expirés au 26 octobre 2025. Un entretien déjà en retard à cette date ne bénéficie pas de cet allongement : organisez-le sans attendre.

La trame pour conduire l'entretien

La loi ne fixe aucun formulaire. Elle fixe cinq thèmes, qui doivent chacun être traités et apparaître dans le compte rendu.

  1. Compétences et qualifications, et leur évolution au regard des transformations de l'entreprise. « Quelles compétences avez-vous acquises depuis le dernier entretien ? Le nouvel outil change-t-il votre travail ? »
  2. Situation et parcours, au regard des évolutions des métiers et des perspectives d'emploi dans l'entreprise. « Voici les évolutions prévues dans le service : qu'en pensez-vous pour votre poste ? »
  3. Besoins de formation, liés au poste actuel, à l'évolution de l'emploi ou à un projet personnel.
  4. Souhaits d'évolution : reconversion interne ou externe, projet de transition professionnelle, bilan de compétences, validation des acquis de l'expérience.
  5. CPF, abondements et conseil en évolution professionnelle : l'activation du compte par le salarié, les abondements que l'employeur est susceptible de financer, le conseil en évolution professionnelle (gratuit).

Trois règles de posture évitent l'essentiel des erreurs :

  • ne pas évaluer : ni note, ni objectifs annuels, ni reproche déguisé en « besoin de formation » ;
  • ne pas décider à la place du salarié : le CPF ne se mobilise qu'avec son accord exprès, et son refus n'est pas une faute (article L6323-2) ;
  • ne pas aborder de critère prohibé : âge, projets familiaux, santé, mandat syndical. Après la visite de mi-carrière, l'employeur n'a pas accès aux données de santé ; seules les mesures proposées par le médecin du travail sont évoquées.

Avant 60 ans, l'entretien aborde les conditions de maintien dans l'emploi et les possibilités d'aménagement de fin de carrière, notamment le temps partiel ou la retraite progressive : on présente des possibilités, on ne fixe pas de date de départ.

Le compte rendu et la preuve

Le texte exige un document et la remise d'une copie, sans imposer de modèle ni de signature. Pour qu'il fasse preuve, mettez-y au minimum :

  • l'identité du salarié et de la personne qui a conduit l'entretien, la date et la nature de l'entretien (première année, quadriennal, état des lieux, retour d'absence, mi-carrière) ;
  • une rubrique par thème, avec ce qui a été dit ;
  • les informations données sur le CPF, les abondements et le conseil en évolution professionnelle ;
  • les suites envisagées, en séparant ce que fera l'employeur et ce qu'envisage le salarié ;
  • les observations du salarié ;
  • une trace datée de la remise de la copie (signature valant remise, accusé de réception ou dépôt horodaté).

Pour l'état des lieux, ajoutez la liste des entretiens des huit dernières années et la réponse aux trois critères de la loi : au moins une action de formation suivie, des éléments de certification acquis par la formation ou la VAE, une progression salariale ou professionnelle.

À partir de 50 salariés : l'abondement correctif

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, si au cours des huit ans le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et d'au moins une formation autre qu'une formation imposée par un texte, l'employeur abonde son CPF de 3 000 euros (articles L6323-13 et R6323-3), versés à la Caisse des dépôts au plus tard le dernier jour du trimestre civil suivant l'état des lieux. Le ministère précise que les deux conditions sont cumulatives. Sans versement après mise en demeure, l'entreprise paie l'insuffisance majorée de 100 % au Trésor public. Pour situer cette règle parmi les autres obligations du seuil, voir les obligations de l'entreprise de plus de 50 salariés.

Se préparer à conduire ces entretiens

La loi impose l'entretien, pas une formation du manager qui le conduit. Notre formation à l'entretien de parcours professionnel donne en 2 heures, en ligne, le cadre à jour et la méthode complète : préparation, trame, entretiens de mi-carrière et avant 60 ans, compte rendu et calendrier de suivi. Elle s'adresse aux RH et DRH comme aux dirigeants qui forment leurs salariés.

Questions fréquentes

L'entretien professionnel est-il obligatoire dans une petite entreprise ?

Oui. L'article L6315-1 s'applique quel que soit l'effectif, à tous les salariés quel que soit leur contrat, selon le ministère du Travail. Seul l'abondement correctif de 3 000 euros est réservé aux entreprises d'au moins 50 salariés ; en dessous, service-public indique qu'un manquement peut donner lieu à des dommages et intérêts en cas de contentieux.

Peut-on faire l'entretien professionnel en même temps que l'entretien annuel ?

Le même jour, oui : service-public l'indique en renvoyant à une décision de la Cour de cassation du 5 juillet 2023. Mais ce sont deux entretiens distincts, avec deux contenus et deux documents, l'entretien de parcours ne portant pas sur l'évaluation du travail.

L'entretien peut-il se faire en visioconférence ?

Le code du travail ne prévoit pas de modalité particulière. Le ministère estime qu'a priori rien ne s'y oppose, à condition de respecter l'article L6315-1, notamment la rédaction d'un document dont une copie est remise au salarié.

Les intérimaires ont-ils un entretien dans l'entreprise où ils travaillent ?

Non : le ministère et service-public indiquent que les salariés mis à disposition, ceux d'un sous-traitant et les intérimaires sont exclus de cet entretien dans l'entreprise où ils interviennent.

Sources officielles consultées

Liens ouverts et vérifiés à la date de mise à jour. Service indépendant, sans affiliation avec ces organismes.

Ce guide est une information générale, pas un avis juridique. Vérifiez votre situation auprès de l'autorité compétente ou d'un conseil.

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