Qui doit suivre la formation à la non-discrimination à l'embauche ?
Les employés chargés des missions de recrutement dans toute entreprise d'au moins 300 salariés et dans toute entreprise spécialisée dans le recrutement, quel que soit son effectif (code du travail, art. L1131-2). C'est la fonction qui compte : chargé de recrutement, RH, consultant, mais aussi le manager qui présélectionne ou conduit les entretiens.
Tous les combien faut-il la renouveler ?
Au moins une fois tous les cinq ans (art. L1131-2). Rien n'empêche de la refaire plus tôt, par exemple lors de la mise en place d'un nouvel outil de tri des candidatures.
Quelle durée la loi impose-t-elle ?
Aucune : l'article L1131-2 ne fixe ni durée ni contenu. Le référentiel publié par le ministère du Travail en mai 2025 recommande sept heures, avec un temps d'échange avec un formateur. Ce parcours de 2 heures couvre le socle juridique et pratique en ligne ; l'entreprise organise l'échange sur ses propres pratiques.
Que risque une entreprise qui discrimine à l'embauche ?
Au civil, la nullité de la mesure et des dommages et intérêts réparant l'entier préjudice, l'action se prescrivant par cinq ans à compter de la révélation (art. L1132-4, L1134-5). Au pénal, trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende pour un refus d'embauche discriminatoire (code pénal, art. 225-2), et jusqu'à 225 000 euros pour une personne morale, avec des peines complémentaires (art. 225-4).
Combien de critères de discrimination la loi prévoit-elle ?
L'article L1132-1 du code du travail en compte 26 si l'on distingue ethnie, nation et prétendue race : origine, sexe, mœurs, orientation sexuelle, identité de genre, âge, situation de famille, grossesse, caractéristiques génétiques, vulnérabilité économique, opinions politiques, activités syndicales ou mutualistes, mandat électif, convictions religieuses, apparence physique, nom de famille, lieu de résidence, domiciliation bancaire, état de santé, perte d'autonomie, handicap, langue, qualité de lanceur d'alerte. Le code pénal (art. 225-1) prévoit une liste voisine.
Peut-on utiliser un logiciel ou une IA pour trier les CV ?
Oui, avec des garde-fous. Le candidat est informé à l'avance des méthodes utilisées, qui doivent être pertinentes (art. L1221-8) ; une décision exclusivement automatisée qui écarte un candidat est strictement encadrée par l'article 22 du RGPD. Le règlement européen sur l'IA classe ces outils à haut risque : les obligations du déployeur s'appliquent à partir du 2 décembre 2027, et l'analyse des émotions au travail est interdite depuis le 2 février 2025.
Quel document reçoit-on à la fin ?
Une attestation de fin de formation nominative délivrée par l'organisme (JANCLODE), avec les objectifs, le contenu, la durée, les dates, le temps enregistré et le résultat de l'évaluation, vérifiable en ligne par QR code. Elle atteste du suivi de ce parcours en ligne ; elle n'est ni une certification ni la preuve du temps d'échange organisé par l'entreprise.