Les commissaires aux comptes sont assujettis aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme au titre du 12° bis de l'article L561-2 du code monétaire et financier, distinct du 12° des experts-comptables. Le code de commerce le rappelle (art. L821-10) et la NEP 9605, reproduite à l'article A821-98, en fixe l'application à toute intervention « ès qualités » : mandat de certification, commissariat aux apports ou à la fusion, attestations et prestations, y compris pour un client occasionnel au-delà de 15 000 euros. Le commissaire aux comptes déclare personnellement ses soupçons à Tracfin, chaque signataire pour son compte, et révèle au procureur les faits délictueux qu'il sait : deux obligations distinctes, que la norme articule. Le contrôle relève de la Haute autorité de l'audit (art. L561-36, I, 9° ; art. L820-1 et L820-14 du code de commerce), qui peut sanctionner la structure comme les personnes impliquées, jusqu'à la radiation et à une sanction pécuniaire du double de l'avantage tiré ou d'un million d'euros (art. L821-71).
Depuis le décret n° 2026-310 du 24 avril 2026, les personnes qui participent au dispositif doivent être formées à l'embauche, puis régulièrement, avec un contenu adapté aux risques et aux fonctions, et des justificatifs conservés cinq ans après la fin des fonctions (art. L561-34 et D561-38-1-1). Ce parcours couvre l'assujettissement et le champ de la NEP 9605, le dispositif de la structure (classification des risques, procédures, gel des avoirs), la déclaration à Tracfin, le secret professionnel, le contrôle et les sanctions, puis la vigilance sur la mission : identification du client et du bénéficiaire effectif, signalement de divergence, vigilance constante sur les opérations examinées, signaux d'alerte, gel des avoirs et formation de l'équipe, avec trois cas pratiques de mission. La formation LCB-FT des experts-comptables traite, elle, de l'activité d'expertise comptable (12°) et renvoie les commissaires aux comptes à ce parcours.