DUERP : comment le rédiger et le mettre à jour, étape par étape
Rédiger le DUERP en 6 étapes : unités de travail, dangers, cotation, actions, mise à jour annuelle dès 11 salariés, versions gardées 40 ans. À jour 2026.
Fondateur de Tech-Bharat et de JANCLODE, organisme de formation éditeur de Formations Obligatoires
Publié le · 7 min de lecture

Pour rédiger le DUERP, vous découpez l'entreprise en unités de travail, vous y recensez les dangers en observant le travail réel, vous cotez les risques pour les classer, vous en déduisez des actions de prévention, puis vous mettez le document à jour au moins une fois par an à partir de 11 salariés et à chaque changement, en conservant chaque version quarante ans. Le code du travail impose le résultat, pas la méthode : ce guide donne une démarche en six étapes, appuyée sur les textes et sur les outils gratuits de l'INRS.
Ce que le code du travail exige vraiment
Tout employeur, dès le premier salarié, évalue les risques pour la santé et la sécurité de ses salariés (article L4121-3) et transcrit les résultats dans un document unique comportant « un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail », y compris ceux liés aux ambiances thermiques (article R4121-1). Le document doit répertorier l'ensemble des risques et déboucher sur des actions (article L4121-3-1) :
| Effectif | Ce que l'évaluation produit | Mise à jour minimale |
|---|---|---|
| Moins de 11 salariés | Liste d'actions de prévention consignée dans le document | À chaque aménagement important et à chaque information nouvelle sur un risque |
| 11 à 49 salariés | Liste d'actions consignée dans le document, présentée à la délégation du personnel du CSE | Au moins chaque année, plus les deux cas ci-dessus |
| 50 salariés et plus | Programme annuel de prévention : mesures, conditions d'exécution, indicateurs, coût, ressources, calendrier | Au moins chaque année, plus les deux cas ci-dessus |
Aucun modèle n'est imposé : papier ou numérique, l'employeur choisit le support, rappelle Service public Entreprendre.
Étape 1 : préparer
Désignez un pilote (vous-même dans une TPE, un responsable RH ou QHSE ailleurs) et formez un petit groupe de travail avec des salariés de chaque métier et, s'il existe, des élus du CSE, comme le recommande l'INRS. Rassemblez l'ancien document, la liste des accidents et presque-accidents, les fiches de données de sécurité des produits, les remarques du médecin du travail. Annoncez le calendrier aux équipes : l'objectif est d'améliorer le travail, pas de contrôler les personnes.
Étape 2 : découper en unités de travail
Une unité de travail regroupe des situations où des salariés sont exposés aux mêmes dangers. Elle peut être un lieu (l'atelier, l'entrepôt), un métier (les techniciens itinérants, les livreurs) ou une situation (le nettoyage avec un produit donné). L'INRS déconseille l'approche poste par poste, trop lourde, et la circulaire de 2002 demande de comprendre la notion « au sens large ». Vérifiez que chaque salarié, y compris intérimaires, apprentis et salariés de nuit, se retrouve dans au moins une unité.
Étape 3 : identifier les dangers
Pour chaque unité, observez le travail tel qu'il se fait vraiment, interrogez ceux qui le font, relisez les accidents et les presque-accidents. Passez chaque unité au crible des vingt fiches de risques de la brochure INRS ED 840 : chutes, circulation d'engins, risque routier en mission, charge physique, produits chimiques, bruit, ambiances thermiques, électricité, risques psychosociaux… Notez aussi ce qui existe déjà comme protection, et seulement ce qui existe vraiment.
Les oublis les plus fréquents : les risques psychosociaux (charge, horaires, tensions avec le public), le risque routier des salariés qui conduisent pour leur travail, la chaleur, les facteurs de risques professionnels de l'article L4161-1 (manutentions, postures, bruit, travail de nuit…) avec l'annexe exigée par l'article R4121-1-1, les expositions incompatibles avec une grossesse, et l'évaluation propre aux jeunes de moins de 18 ans.
Étape 4 : coter et classer
Aucun texte n'impose de grille : pour l'INRS, « le mode d'appréciation reste à la main de l'employeur ». La plus courante croise la gravité (de 1 à 4) et la fréquence d'exposition (de 1 à 4). Deux précautions : ajoutez une règle qui place toute gravité maximale en priorité, sinon une chute mortelle possible une fois par an pèse autant qu'une gêne quotidienne bénigne ; et expliquez votre grille en tête du document. Une cotation « faible » sur un poste qui a connu deux accidents dans l'année sera contestée.
Étape 5 : décider des actions
L'évaluation n'est pas une fin. Choisissez les actions dans l'ordre des principes de prévention de l'article L4121-2 : supprimer le danger, le remplacer par moins dangereux, le combattre à la source, adapter le poste, protéger collectivement, puis seulement individuellement, et enfin former et donner des consignes. Pour chaque action, notez un responsable et une échéance ; à partir de 50 salariés, ajoutez conditions d'exécution, indicateur de résultat et coût estimé, exigés par la loi. Le CSE est consulté sur le document et sur chacune de ses mises à jour (article L4121-3).
Étape 6 : mettre à jour, transmettre, conserver
La mise à jour est due au moins chaque année dès 11 salariés, et dans toutes les entreprises lors de tout aménagement important (nouvelle machine, déménagement, passage en horaires de nuit) et quand une information nouvelle sur un risque arrive, un accident par exemple (article R4121-2). À chaque mise à jour :
- envoyez la nouvelle version au service de prévention et de santé au travail (article L4121-3-1, VI) ;
- figez l'ancienne version (PDF daté) au lieu de l'écraser : chaque version se conserve quarante ans à compter de son élaboration (article R4121-4) ;
- notez dans un journal des versions la date, le motif, la consultation du CSE et l'envoi ;
- vérifiez l'avis affiché qui indique aux salariés comment consulter le document.
Le portail numérique de dépôt prévu par la loi de 2021 n'est pas en service au 31 octobre 2026 : l'article R4121-4 prévoit que, d'ici là, l'employeur conserve ses versions dans l'entreprise.
Les outils gratuits pour démarrer
L'INRS propose des outils en ligne OiRA par secteur (coiffure, boulangerie, restauration, commerce, transport, aide à domicile, travail de bureau…) et un outil générique : une adresse électronique suffit, l'outil guide l'évaluation et édite un rapport et un plan d'action. Ce n'est ni un dépôt officiel ni une certification, mais c'est une excellente base pour une TPE. Pour former la personne qui tient la plume au cadre légal, à la méthode et au plan d'action, notre formation au document unique (DUERP) de 3 heures reprend ces étapes avec des cas pratiques. Les élus qui seront consultés trouveront leur rôle dans la formation santé, sécurité et conditions de travail du CSE, et l'accueil des nouveaux arrivants sur les risques de leur poste est détaillé dans notre guide sur l'accueil sécurité d'un nouveau salarié.
Questions fréquentes
Faut-il une formation pour rédiger le DUERP ?
Non. Aucun texte n'impose de formation ni de qualification pour le rédiger. L'employeur doit évaluer les risques et transcrire les résultats ; il peut se faire aider par ses salariés, le CSE, le service de prévention et de santé au travail ou un intervenant, mais il reste responsable du document.
Une entreprise de 5 salariés doit-elle mettre son DUERP à jour chaque année ?
Pas obligatoirement : la mise à jour annuelle vise les entreprises d'au moins 11 salariés. Mais la mise à jour reste due, quel que soit l'effectif, lors de tout aménagement important et dès qu'une information nouvelle sur un risque est connue (article R4121-2).
Que risque-t-on sans DUERP ?
Le défaut de transcription ou de mise à jour est puni de l'amende des contraventions de cinquième classe (article R4741-1). Depuis la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, l'absence du document peut aussi entraîner un avertissement ou une amende administrative d'au plus 4 000 euros par travailleur concerné (articles L8115-1 et L8115-3).
Qui peut demander à consulter le DUERP ?
Les salariés et anciens salariés (pour les versions de leur période d'activité), les élus du CSE, le service de prévention et de santé au travail, l'inspection du travail, les services de prévention de la sécurité sociale et, dans leur domaine, l'OPPBTP et les inspecteurs de la radioprotection (article R4121-4).
Sources officielles consultées
- Code du travail, art. L4121-2 (principes généraux de prévention)
- Code du travail, art. L4121-3 (évaluation des risques, consultation du CSE)
- Code du travail, art. L4121-3-1 (document unique, programme annuel ou liste d'actions, conservation, transmission)
- Code du travail, art. R4121-1 (inventaire par unité de travail)
- Code du travail, art. R4121-2 (mise à jour)
- Code du travail, art. R4121-4 (conservation quarante ans, accès, avis affiché)
- Code du travail, art. L8115-1 (amende administrative en cas d'absence du document unique)
- Code du travail, art. L8115-3 (montant maximal de l'amende administrative)
- Code du travail, art. R4741-1 (contravention de cinquième classe)
- Service public Entreprendre, « Document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) »
- INRS, « Document unique d'évaluation des risques professionnels. Ce qu'il faut retenir »
- INRS, brochure ED 840 « Aide au repérage des risques dans les PME-PMI »
- INRS, outils en ligne OiRA pour les TPE
Liens ouverts et vérifiés à la date de mise à jour. Service indépendant, sans affiliation avec ces organismes.
Ce guide est une information générale, pas un avis juridique. Vérifiez votre situation auprès de l'autorité compétente ou d'un conseil.
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