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Assurance PNO obligatoire : qui est concerné, en copropriété et hors copropriété

Assurance PNO : obligatoire pour tout copropriétaire non occupant depuis la loi ALUR, pas pour la maison louée. Ce que dit l'article 9-1, ce qu'il n'impose pas.

Clément Lacaille

Fondateur de Tech-Bharat et de JANCLODE, organisme de formation éditeur de Formations Obligatoires

Publié le · 10 min de lecture

Immeuble haussmannien en pierre de taille avec balcons filants

Oui, l'assurance propriétaire non occupant (PNO) est obligatoire, mais pas pour tout le monde. Depuis le 27 mars 2014, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire, qu'il habite son lot ou non, à s'assurer en responsabilité civile. Le bailleur d'un appartement en copropriété est donc concerné, tout comme le propriétaire d'un lot vide ou prêté. En revanche, le propriétaire d'une maison individuelle louée, ou d'un immeuble détenu en entier, n'a pas d'obligation d'assurance dans ces textes. Il garde pourtant des responsabilités de propriétaire, et c'est souvent là que le malentendu coûte cher.

Voici ce que dit exactement la loi, ce qu'elle n'impose pas, et les questions à se poser avant de souscrire ou de conseiller un contrat.

Le texte : deux phrases depuis la loi ALUR

L'article 9-1 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, issu de la loi ALUR et en vigueur depuis le 27 mars 2014, est court :

« Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. Chaque syndicat de copropriétaires est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. »

Trois enseignements en découlent :

  • l'obligation est individuelle et générale : elle vise chaque copropriétaire, qu'il habite son lot, le loue, le prête à un proche ou le laisse vacant ;
  • elle porte sur la responsabilité civile, c'est-à-dire sur les dommages que le copropriétaire peut causer à d'autres (voisins, syndicat, locataire, tiers), pas sur les dommages qu'il subit lui-même ;
  • le texte ne prévoit pas de sanction spécifique : pas d'amende, pas de contrôle organisé. Le copropriétaire non assuré supporte simplement seul les conséquences de sa responsabilité.

Le mot « PNO » n'apparaît pas dans la loi. C'est un nom commercial donné aux contrats conçus pour répondre à cette obligation quand le propriétaire n'occupe pas le logement.

Qui doit souscrire une PNO, cas par cas

Situation Obligation d'assurance RC Texte
Copropriétaire qui loue son appartement (vide ou meublé) Oui, en qualité de copropriétaire non occupant Loi de 1965, art. 9-1
Copropriétaire dont le lot est vacant entre deux locations ou en vente Oui Loi de 1965, art. 9-1
Copropriétaire qui prête son logement à un proche Oui, il n'est pas occupant Loi de 1965, art. 9-1
Copropriétaire qui habite son lot Oui, en qualité d'occupant (contrat habitation classique) Loi de 1965, art. 9-1
Propriétaire d'une maison individuelle louée Pas d'obligation dans ces textes —
Propriétaire d'un immeuble entier (monopropriété) loué Pas d'obligation dans ces textes —
Locataire Oui, pour les risques locatifs (obligation distincte) Loi de 1989, art. 7, g

La dernière ligne explique beaucoup d'erreurs. Le locataire a sa propre obligation, fixée par le g de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 : s'assurer « contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire ». Son contrat couvre donc ce dont le locataire répond, pas la responsabilité du propriétaire. Les deux assurances se complètent, elles ne se remplacent pas.

Ce que l'article 9-1 n'impose pas

Le texte vise la responsabilité civile, et rien d'autre. Il n'oblige pas le copropriétaire bailleur à souscrire :

  • une garantie des dommages à ses propres biens (ses murs, ses embellissements, ses équipements) ;
  • une garantie des loyers impayés ;
  • une protection juridique.

Ces garanties peuvent être utiles, et beaucoup de contrats PNO les proposent, mais elles relèvent du choix et du conseil, pas de l'obligation légale. Un conseiller qui présenterait comme « obligatoire » un contrat complet avec garantie des loyers dirait quelque chose de faux. À l'inverse, celui qui se contente de dire « la loi n'impose que la RC » sans expliquer ce qui resterait à la charge du bailleur après un sinistre ne fait que la moitié de son travail.

Même logique côté syndicat : l'article 9-1 lui impose une assurance de responsabilité civile, pas une garantie incendie ou dégâts des eaux de l'immeuble. Le syndicat est responsable, selon le dernier alinéa de l'article 14 de la loi de 1965, « des dommages causés aux copropriétaires ou aux tiers ayant leur origine dans les parties communes ». C'est cette responsabilité qu'il doit assurer ; la garantie des bâtiments relève de la décision de l'assemblée et du conseil donné au syndic.

Pourquoi un bailleur peut être recherché alors qu'il n'habite pas le logement

« Je n'y vis pas, mon locataire est assuré, que pourrais-je causer ? » La question revient souvent. Le code civil y répond :

  • le fait des choses (article 1242) : on est responsable du dommage causé par les choses que l'on a sous sa garde. Un équipement dont le propriétaire a conservé la garde, ou une installation qui lui incombe, peut être à l'origine d'un sinistre chez le voisin ;
  • la ruine du bâtiment (article 1244) : le propriétaire d'un bâtiment est responsable du dommage causé par sa ruine lorsqu'elle est arrivée par suite du défaut d'entretien ou par le vice de sa construction ;
  • les périodes de vacance : entre deux locations, il n'existe plus d'assurance du locataire. Pendant ces semaines, la RC du copropriétaire non occupant est la seule couverture du lot côté occupation. Une fuite dans un appartement vide, découverte tardivement, peut causer des dégâts importants aux étages inférieurs.

Ces règles valent aussi pour le propriétaire d'une maison louée. Il n'a pas d'obligation de s'assurer, mais il reste responsable de son bâtiment et des choses dont il a la garde. L'absence d'obligation n'est pas une absence de risque.

Exemple fictif : un bailleur, deux biens, deux réponses

Cas imaginé pour l'illustration. Mme Fontaine possède un deux-pièces loué dans une copropriété de vingt lots et une petite maison louée à la campagne. Ses deux locataires lui ont remis leur attestation d'assurance. Elle demande à son assureur s'il lui faut quelque chose de plus.

  • Pour l'appartement, elle est copropriétaire non occupante. L'article 9-1 l'oblige à s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont elle répond en cette qualité, quoi qu'ait souscrit son locataire. Elle doit donc avoir un contrat adapté.
  • Pour la maison, aucun des textes cités ne l'oblige à s'assurer. Mais le contrat de son locataire ne couvre que les risques dont le locataire répond. Si une partie de toiture mal entretenue tombe sur la voiture d'un voisin, c'est sa responsabilité de propriétaire (article 1244) qui est en jeu, sans assurance pour la prendre en charge.

La réponse exacte distingue donc l'obligation (l'appartement) et le besoin (la maison). C'est cette distinction que la loi attend d'un conseil d'assurance : dire ce qui est imposé, ce qui ne l'est pas, et ce que la situation rend utile.

Changer de situation : la déclaration à ne pas oublier

Le cas le plus fréquent n'est pas celui du bailleur qui n'a jamais été assuré, mais celui du propriétaire occupant qui met son logement en location sans prévenir son assureur. Il passe de copropriétaire occupant à copropriétaire non occupant : sa qualité change, et le risque avec elle.

Le code des assurances encadre ce moment :

  • l'article L113-2 oblige l'assuré à déclarer, en cours de contrat, les circonstances nouvelles qui aggravent les risques ou en créent de nouveaux, dans un délai de quinze jours à partir du moment où il en a eu connaissance ;
  • l'article L113-9 prévoit qu'une omission ou une déclaration inexacte de bonne foi, constatée après sinistre, entraîne une réduction de l'indemnité en proportion des primes payées par rapport à celles qui auraient été dues ;
  • l'article L113-8 sanctionne par la nullité du contrat la fausse déclaration intentionnelle qui change l'objet du risque ou en diminue l'opinion pour l'assureur.

Exemple fictif. M. Diallo, assuré depuis cinq ans comme copropriétaire occupant, part travailler dans une autre ville et loue son appartement sans rien dire à son assureur. Six mois plus tard, un dégât des eaux parti de son lot endommage l'appartement du dessous. Son assureur constate que le contrat décrit un occupant et non un bailleur : si l'omission est jugée de bonne foi, l'indemnité peut être réduite proportionnellement. Une déclaration de deux lignes, faite au moment du départ, aurait suffi.

Autres changements à signaler : un logement qui devient vacant pour une longue durée, une location meublée de courte durée, une sous-location.

La garantie dans le temps : un point à lire au contrat

Une assurance de responsabilité ne joue pas seulement selon la date du sinistre. L'article L124-5 du code des assurances distingue deux modes de déclenchement : par le fait dommageable ou par la réclamation. Pour les personnes physiques hors activité professionnelle, le déclenchement par le fait dommageable est imposé. Une personne morale, par exemple une SCI propriétaire de lots, n'est pas dans ce cas : son contrat peut fonctionner selon la réclamation, avec un délai subséquent. Lorsqu'un bien est détenu en SCI, il faut donc lire comment le contrat fonctionne dans le temps, notamment en cas de changement d'assureur ou de vente.

Ce qu'un conseiller doit vérifier avant de proposer un contrat

Pour un courtier, un agent général ou un administrateur de biens qui oriente ses mandants, la démarche tient en quelques questions :

  1. Quelle est la qualité exacte du client ? Copropriétaire occupant, copropriétaire non occupant, propriétaire hors copropriété, SCI, usufruitier. L'obligation et le contrat adapté en dépendent.
  2. Le bien est-il en copropriété ? Si oui, la RC du copropriétaire est obligatoire. Si non, il n'y a pas d'obligation dans ces textes, mais un besoin à examiner.
  3. Que couvre déjà le contrat de l'immeuble ? Certains contrats du syndicat couvrent aussi la responsabilité des copropriétaires pour les parties communes. Le contrat individuel ne doit ni doublonner inutilement ni laisser de trou.
  4. Le logement est-il loué, vide, meublé, prêté ? La vacance et la location meublée modifient l'exposition.
  5. Qu'est-ce qui est obligatoire, qu'est-ce qui est utile ? La RC est imposée en copropriété ; la garantie des biens, des loyers ou la protection juridique se conseillent selon les besoins exprimés, par écrit, avec les raisons du conseil.

Le dernier point n'est pas une formalité : avant tout contrat, le distributeur doit préciser par écrit les exigences et les besoins du client et motiver son conseil (article L521-4 du code des assurances). Nos guides sur la RC professionnelle de l'agent immobilier et du syndic et sur les obligations du syndic de copropriété complètent ce tableau côté professionnels de l'immobilier.

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Questions fréquentes

L'assurance PNO est-elle obligatoire pour un appartement loué ? Oui, si l'appartement est en copropriété : l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire non occupant à s'assurer en responsabilité civile. L'assurance du locataire ne dispense pas le propriétaire de la sienne.

Et pour une maison individuelle louée ? Aucune obligation dans la loi de 1965 ni dans celle de 1989. Le propriétaire reste néanmoins responsable de son bâtiment (article 1244 du code civil) et des choses dont il a la garde (article 1242).

Quelle sanction en cas d'absence de PNO en copropriété ? L'article 9-1 ne prévoit ni amende ni sanction spécifique. Le copropriétaire non assuré paie lui-même les dommages dont il est responsable.

La loi impose-t-elle une garantie des loyers impayés ou des dommages au logement ? Non. L'obligation porte uniquement sur la responsabilité civile. Les autres garanties sont facultatives.

Un lot vide doit-il être assuré ? Oui. Le texte vise le copropriétaire « soit occupant, soit non-occupant » : un lot vacant n'échappe pas à l'obligation, et c'est même la période où il n'existe aucune assurance du locataire.

Sources officielles consultées

Liens ouverts et vérifiés à la date de mise à jour. Service indépendant, sans affiliation avec ces organismes.

Ce guide est une information générale, pas un avis juridique. Vérifiez votre situation auprès de l'autorité compétente ou d'un conseil.

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